Lamartine

par Youk  -  21 Octobre 2005, 22:00  -  #2.2. Histoire (Personnalités)

Lamartine

Alphonse de Lamartine (Alphonse-Marie-Louis De Prat de) est un poète, écrivain et homme politique français né à Mâcon le 21 octobre 1790 et mort à Paris le 28 février 1869.

 


 

Sa première éducation se fit au château paternel de Milly, sous la tendre surveillance d’une mère qui « ne lui demandait que d’être vrai et bon ». Après avoir achevé ses études au collège des jésuites, il voyagea, particulièrement en Italie (1811), jusqu’à la chute de l’empire, entra, en 1814, dans les gardes du corps de Louis XVIII. S'ennuyant, il s'adonna à l'écriture et quitta son service lors de la seconde Restauration, puis, après quelques années d’une vie un peu décousue et éparse, il fit paraître en 1820, ses Méditations poétiques, qui, du jour au lendemain, le consacrèrent grand poète. Trois ans après, ce furent : les Nouvelles Méditations poétiques, puis la Mort de Socrate, le Dernier Chant du pèlerinage de Child Harold. En 1829, parurent les Harmonies poétiques et religieuses. Lamartine fut élut, l’année suivante, par l'Académie Française.

Attaché d'ambassade à Florence, marié à une anglaise. Après un voyage fastueux en Orient, la mort de sa fille va modifier sa foi. Il s'engage dans le combat politique, il se fit nommer député 1834, et joua dans la Chambre le beau rôle d’un orateur poète que la générosité de son cœur et l’élévation de la pensée mettent au dessus des partis. Il y présente de nombreuses interventions comme l'abolition de la peine de mort ou des projets relatifs à l'assistance.

Il publia successivement : Voyage en Orient (1835), Jocelyn (1836), la Chute d’un ange (1838), Recueillements poétiques (1839). Se tournant ensuite du côté de l’histoire, il composa ses Girondins (1846), où l’imagination a sans doute trop de part, mais qui sont un livre des plus vivants et des plus éloquents.

Un peu plus tard, il se mit à la tête du mouvement révolutionnaire. Devenu influent et affichant son opposition au régime de Louis Philippe, il est l'un des acteurs des journées de la république de 1848. Il devient membre du gouvernement provisoire et ministre des affaires étrangères, il fut aussi l'un des protagonistes de l'abolition de l'esclavage. Le discours qu’il prononça, le 25 février, contre le drapeau rouge, est resté célèbre. Impuissant, le 15 mai, à prévenir l’invasion de l’Assemblée nationale, les journées de Juin lui portèrent le coup de grâce. Il fut nommé à l’Assemblée législative que dans une élection partielle. Le coup d’état de décembre l’écarta définitivement de la politique. L'avènement du Second Empire met fin à sa carrière politique. Endetté, il ne peut choisir l'exil. Persuadé du danger impérial, il se réfugie dans l'écriture, publiant des ouvrages historiques, des romans sociaux, des ouvrages autobiographiques ainsi que des recueils poétiques.

Ses principaux ouvrage depuis 1848 furent : les Confidences (1849), Geneviève (1851), le Tailleur de pierre de Saint-Point (1851), Graziella (1852), Cours familiers de littérature (1856).

Les dernières années de sa vie s’écoulèrent dans la tristesse. Obligé à un labeur sans trêve par de continuels besoins d’argent, il finit par accepter du gouvernement impérial une dotation d’un demi million (1867). Il mourut deux ans après, dans un chalet de Passy, que la ville Paris avait mis à sa disposition. En 1869, sa famille refuse les funérailles nationales auxquelles il avait droits.


 

 

L'œuvre

Le petit recueil des Méditations avait révélé à la France une poésie nouvelle, « vraiment sortie du cœur », en contraste avec le lyrisme factice des Rousseau et des Pierre-Antoine Lebrun. Même inspiration dans le recueil suivant, sauf que l’on y sent parfois le virtuose. Quant aux Harmonies, la forme en est, peut-être parfois moins pure, l’abondance n’y est pas toujours exempte de virtuosité ; mais la veine du poète a plus de richesse, plus d’ampleur et de magnificence. Jocelyn, sorte de roman en vers, devait faire partie d’une vaste épopée dont la Chute d’un ange est un autre épisode. Si l’on y regrette quelque mollesse de facture, nombre de pages valent ce que le poète avait écrit de plus beau. Il y montrait une aptitude particulière pour la poésie symbolique et philosophique. Quant aux Recueillements, malgré de très beaux morceaux, les défauts y prévalent, presque partout, sur les qualités. Le génie abondant et facile du poète ne s’avait pas s’astreindre au pénible travail du style.

On a dit que Lamartine était la poésie même. Cela signifie, sans doute, que la poésie était, pour Lamartine l'expression la plus spontanée et la plus sincère de ses sentiments intimes. Sa religion? Le sentiment du divin, puisé, comme il le dit lui même, non « dans cette région où les spécialités divisent les cœurs et les intelligences », mais « dans celle où tout ce qui s’élève à Dieu se rencontre et s’accorde », et tel, que l’expression, sinon la pensée devient presque nécessairement panthéiste. Sa philosophie? Une sorte de spiritualisme éthéré, qui ne se concrète dans aucune doctrine, une harmonie entre l’âme du poète et celle du monde, et, partant un large optimisme, et des espérances infinies. Et, enfin, comme poète, Lamartine, se tint en dehors des cadres traditionnels et même de tout cadre fixe. Son génie répugne à toute limite. Il n’est pas le poète descriptif, l’artiste qui se voit et fait des contours précis. Dans les paysages vaporeux où les lignes s’effacent, où les bruits s’apaisent, où les objets deviennent presque immatériels, se déploient ces rêves purs et nobles, sa mélancolie molle, flottante et douce. Lamartine à dit dans ces vers bien connus : Je chantais, mes amis, comme l’homme respire.


 

 

Bibliographie


Saül (1818)
Méditations poétiques (1820)
Nouvelles Méditations poétiques (1823)
Harmonies poétiques et religieuses (1830)
Sur la politique rationnelle (1831)
Voyage en Orient (1835)
Jocelyn (1836)
La chute d'un ange (1838)
Recueillements poétiques (1839)
Histoire des Girondins (1847)
Raphaël (1849)
Confidences (1849)
Geneviève, histoire d'une servante (1851)
Graziella (1852)
Les visions (1853)
Cours familier de littérature (1856)
La Vigne et la Maison (1857)
L'Histoire de la révolution de 1848 (1849)
Le tailleur de pierre de Saint-Point (1851)

 


 

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Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Alphonse_de_Lamartine