Rousseau

par Youk  -  21 Octobre 2005, 22:00  -  #2.2. Histoire (Personnalités)

Jean-Jacques Rousseau (28 juin 1712, Genève - 2 juillet 1778, Ermenonville) est un écrivain et philosophe d'expression française. Second fils de Isaac Rousseau, horloger, comme son père, son grand-père et Suzanne Bernard, elle même fille d'horloger.

 


 

Biographie

Sa mère est morte le 7 juillet 1712, soit 9 jours après sa naissance. Il passe deux années chez le pasteur Lambercier à Bossey (au pied du Salève au sud de Genève) (1722 - 1724). Son oncle, le place comme apprenti chez un greffier, puis en 1725 chez un maître graveur. Son père se remarie en 1726. Jean-Jacques quitte la Genève protestante à seize ans en 1728. C'est le curé de Confignon (à l'ouest de Genève) qui l'adresse à une nouvelle catholique d'Annecy, Madame la baronne de Warens. Celle-ci l'envoie à Turin où il se convertit au catholicisme le 23 avril. Il retourne l'année suivante aux Charmettes, près de Chambéry, chez celle qu'il appelle « Maman ». En 1730, il voyage à pied jusqu'à Neuchâtel, où il enseigne la musique. En 1732 il est maître de musique à Chambéry. En 1734 il devient l'intendant de Mme de Warens, qui deviendra sa maîtresse. C'est chez elle, en 1739, qu'il écrit son premier livre : Le verger de Madame la baronne de Warens.

A Paris, en 1741, il essaie d'exploiter l'invention d'un système de notation musicale et se lie avec Denis Diderot et Mme d'Epinay. Il écrit pour l'Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers des articles sur la musique. Le 18 octobre 1752 a lieu à Fontainebleau, en plein développement de la « Querelle des Bouffons » évoquée dans Les Confessions , la création du petit opéra Le Devin du village, qu'il vient de composer.

Il rencontre, en 1745 Thérèse Levasseur, modeste servante d'auberge, avec qui il se met en ménage. Les cinq enfants qu'elle lui donne sont confiés aux Enfants-Trouvés, l'Assistance publique de l'époque.

En 1750, il participe à un concours proposé par l'Académie de Dijon avec son Discours sur les sciences et les arts, dans lequel il développe la thèse que le progrès est synonyme de corruption et pour lequel il obtient le premier prix. En 1755, à un autre concours de la même Académie de Dijon, il répond par son Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes, qui achève de le rendre célèbre.

L'Émile - publié en 1762 - ayant été condamné par le Parlement de Paris, il s'enfuit en Suisse, puis sur le territoire de Neuchâtel (Môtiers), qui appartient au roi de Prusse. Après un passage dans l'île Saint-Pierre, sur le lac de Bienne, il gagne l'Angleterre (1765), appelé par le philosophe David Hume. En proie à la manie de la persécution, il finira par rentrer à Paris en 1770.

Il achève son œuvre autobiographique, les Confessions (où il invente le terme de « Cruscantisme »), et les complète par les Rêveries du promeneur solitaire ainsi que par Rousseau juge de Jean-Jacques. En 1778, le marquis de Girardin lui offre l'hospitalité dans un pavillon de son domaine d'Ermenonville, près de Paris : il y meurt subitement le 2 juillet 1778. Le lendemain de sa mort, le sculpteur Houdon prend le moulage de son masque mortuaire. Le 4 juillet, Girardin fait inhumer le corps dans l'île des Peupliers, dans la propriété où, à partir de 1780, s'élèvera le monument funéraire dessiné par Hubert Robert et exécuté par J.-P. Lesueur. Le philosophe est rapidement l'objet d'un culte, et sa tombe est assidûment visitée. Puis les révolutionnaires le portent aux nues et la Convention demande son transfert au Panthéon. L'hommage solennel de la nation française a lieu le 11 octobre 1793 : dans une grandiose cérémonie, les cendres de Jean-Jacques Rousseau sont transférées d'Ermenonville au Panthéon. Jean-Jacques Rousseau devient officiellement une des gloires de la nation française.
 


 

 

Idées

L'œuvre de Rousseau s'inscrit contre la filiation nobiliaire et réveille cette inconnue de la « vieille » littérature, la sensibilité. Une sensibilité fondatrice de droits et de devoirs. Mais son influence trouvera sa pleine expression avec la Révolution française : le penseur politique en devient l'un des pères spirituels et tous se réclament de lui. Les révolutionnaires, d'un extrême à l'autre, prétendirent « ne marcher que le Contrat social à la main ». Les passions apaisées, l'œuvre de Rousseau continue à prendre sa juste place : à l'orée du monde nouveau généré par la révolution industrielle, elle incarne nos préventions contre le progrès; elle est aussi porteuse des premiers ferments de la littérature moderne, notamment en ce qui concerne l'écriture de soi. Rousseau est donc porteur des prémices du romantisme.


 

 

La "vérité" :

Jean-Jacques Rousseau a dit ce qui pour lui, était la vérité de son temps, telle qu'elle était connue et connaissable à l'époque à laquelle il vivait, la différence majeure entre son oeuvre et d'autres "vérités" publiées se trouve peut être dans le parti pris affiché, et chez lui évident, (sa devise “Vitam impendere vero”, en fait foi), de considérer la notion de vérité comme objet de recherche supérieure à toute autre valeur et même à sa propre réputation et son propre honneur. On peut par certains cotés considérer la totalité de l'oeuvre de Rousseau comme une immense lettre morale adressée à ses contemporains d'abord mais aussi à l'humanité entière et sinon éternelle, du moins pour quelques siècles voire millénaires après lui, l'état actuel de sa diffusion en librairies ainsi que le nombre des thèses à lui et à son oeuvre consacrées ainsi que des traductions en de multiples langues, semble confirmer la nécessité et l'utilité pour l'humanité de ces “essais de vérité” venant d'un passionné, d'un grand initié qui s'était risqué à descendre au niveau de ce monde émotionnel que les hommes maîtrisent le moins, encore aujourd'hui. Il “parlait peuple, pour les peuples”, avant la lettre, et autant d'intelligence que d'instinct, c'est à dire de cœur, sans être ni tribun ni orgueilleux, semblant tout de même ne pas ignorer, qu'à sa façon, il était (et peut-être resterait), l'un des grands instructeurs de l'humanité.


 

 

Œuvres


La Dissertation sur la musique moderne (1743)
Discours sur les sciences et les arts (1750)
Le Devin du village (1752)

Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes (1755)
Jugement du Projet de paix perpétuelle de Monsieur l'Abbé de Saint-Pierre (automne 1756)
Lettres morales (1757-1758)
Essai sur l'origine des langues (inachevé)
Julie ou la nouvelle Héloïse (1761)
Du Contrat social (1762)
Émile ou De l'éducation (1762)
Le Dictionnaire de musique (commencé en 1755, il paraît à Paris en 1767)
Les Confessions (posthume)
Rêveries du promeneur solitaire (posthume)
Rousseau a collaboré à l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, essentiellement pour les articles traitant de musique. Il faut aussi noter son article "Oeconomie politique".
Rousseau a mis en forme la première Constitution écrite en 1764. Il s'agissait de la Constitution Corse de Pascal Paoli.

 


 

Retour

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Jacques_Rousseau