Buffon

par Youk  -  21 Octobre 2005, 22:00  -  #2.2. Histoire (Personnalités)

Buffon

Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon (7 septembre 1707 - 16 avril 1788), naturaliste, mathématicien, biologiste, cosmologiste et écrivain français. Ses théories influencèrent les deux générations suivantes de naturalistes, notamment Jean-Baptiste Lamarck et Charles Darwin.

La localité éponyme Buffon, dans la Côte-d'Or, fut la seigneurie de la famille Buffon.


 

 

 Biographie

Il est né à Montbard (Côte-d'Or). Son père, Benjamin Leclerc, était seigneur de Dijon et de Montbard. Après des études au collège des jésuites de Dijon, il étudia le droit. Préférant les sciences, il partit étudier les mathématiques et la botanique à Angers.

Impliqué dans un duel, il se vit contraint de quitter l'université. Il voyagea alors en Europe, jusqu'au remariage de son père qui le fit rentrer pour veiller à sa succession.

Ses premiers travaux ont porté sur les mathématiques. Dans Sur le jeu du franc-carreau, il introduisit pour la première fois le calcul différentiel et le calcul intégral en probabilité (voir ci-dessous : l'aiguille de Buffon). À cette époque, il correspondait avec le mathématicien suisse Gabriel Cramer.

Par la suite, ses traductions françaises d'ouvrages d'Isaac Newton et de Stephen Hales ont aiguisé son intérêt dans la biologie. Il s'est déplacé à Paris, faisant la connaissance de Voltaire et d'autres intellectuels. Il est entré à l'Académie des sciences à l'âge de 26 ans et sera élu membre de l'Académie française en 1753.
 
Il devint intendant du Jardin du roi (aujourd'hui Jardin des Plantes) à Paris en 1739. Excellent administrateur, il l'a transformé en centre de recherche et en musée, agrandissant considérablement le parc et faisant planter des arbres de toutes origines.

Ses relations avec les savants de son époque sont souvent difficiles et il est souvent en opposition, par exemple avec Réaumur et Linné (dont il conteste la méthode de classification), il accueille aussi avec scepticisme les travaux de Lazzaro Spallanzani ou de Charles Bonnet. Pour Buffon, les variations entre espèces sont dues a des dégénérescences.

Il se marie en 1752 mais sa femme meurt en 1769. Son fils est guillotiné sous la Terreur.

Il devint comte de Buffon en 1773 et mourut à Paris.


 

 

 Son œuvre

C'est par des expériences fines, raisonnées et suivies, que l'on force la nature à découvrir son secret ; toutes les autres méthodes n'ont jamais réussi... Les recueils d'expériences et d'observations sont donc les seuls livres qui puissent augmenter nos connaissances. Buffon dans sa préface de la Statique des végétaux de Stephen Hales.


 

 

 Son Histoire naturelle

Buffon est surtout célèbre pour son œuvre majeure, l'Histoire naturelle, générale et particulière, en 36 volumes parus de 1749 à 1789, dont 8 après sa mort grâce à Bernard Lacépède. Il y a inclus tout le savoir de l'époque dans le domaine des sciences naturelles. C'est dans cet ouvrage que Buffon a relevé les ressemblances entre l'homme et le singe et la possibilité d'une généalogie commune. L'attention que Buffon accorde à l'anatomie interne le place parmi les initiateurs de l'anatomie comparative. L'intérieur, dans les êtres vivants, est le fond du dessin de la nature écrit Buffon dans les Quadrupèdes.

Parmi ses collaborateurs, il faut citer Louis Jean-Marie Daubenton, chargé des descriptions anatomiques, remplacé plus tard par Philippe Guéneau de Montbeillard auquel s'adjoignent, à partir de 1767, Barthélemy Faujas de Saint-Fond et l'abbé Bexon.

Son Histoire naturelle connaît un succès immense. Les deux premiers volumes, la Théorie de la terre et l’Histoire naturelle de l'homme, connaissent trois rééditions successives en six semaines. Des traductions en allemand, en anglais et en néerlandais sont mises en chantier presque sur le champ.

Cette encyclopédie est découpée en plusieurs 36 volumes :
15 volumes sur les quadrupèdes (de 1749 à 1767).
9 volumes sur les oiseaux (de 1770 à 1783).
5 volumes sur les minéraux (de 1783 à 1788), le dernier contient le Traité de l'aimant, dernier ouvrage de Buffon.
7 volumes de suppléments dont les Époques de la nature (1778).

Oiseaux

 

 

 


 

 

 

 Rôle et portée de son œuvre

Mais malgré son impact et le rôle qu'elle joue dans la diffusion des connaissances scientifiques, l'œuvre souffre de plusieurs lacunes. Tout d'abord, Buffon n'est pas un systématicien, ce qui le conduit à présenter les groupes de façon rudimentaire. Il s'attarde notamment sur les espèces les plus connues et ne mentionne guère qu'en passant les autres espèces.

Il n'est pas un observateur très fiable, ce qui le conduit à de nombreuses erreurs comme de confondre l'engoulevent avec une hirondelle ou que les martinets sont eux-aussi, de véritables hirondelles, et à bien des égards, plus hirondelles que les hirondelles elles-mêmes écrit Buffon.

Buffon et ses collaborateurs pillent les œuvres de leurs prédécesseurs d'Aristote à Pline, de Belon à Gessner... Certes, des informations nouvelles, venant souvent de correspondants lointains, leur fournissent des observations souvent inédites.

Enfin, les auteurs privilégient des formulations propres à attirer un public de néophytes. Toujours afin de plaire, les espèces peu charismatiques sont ignorées et les sujets les plus propres à plaire sont préférés (comme l'amour chez les oiseaux dont le public est toujours friand).

En définitive, sa principale qualité a été son rôle pour populariser l'intérêt de l'étude scientifique (un peu comme l'a fait, au même moment, le Spectacle de la nature de l'abbé Pluche). Georges Cuvier, pour ne citer que lui, se passionnera pour l'histoire naturelle grâce à la lecture de Buffon.

Buffon


 

 

 

 

 

 Ses démélés avec l'Église

Dans Les époques de la nature, supplément publié en 1778, Buffon a traité des origines du système solaire, spéculant que les planètes avaient été créées par des comètes entrant en collision avec le Soleil. Il a aussi suggéré que l'âge de la Terre devait être bien plus élevé que les 6 000 ans proclamés par l'Église. Se basant sur le taux de refroidissement de fer, il a calculé que l'âge de la Terre était 75 000 ans. Pour cela, il a été condamné par l'Église catholique en France et ses livres ont été brûlés.


 

 

 

 L'aiguille de Buffon

En mathématiques, le résultat le plus célèbre de Buffon, appelé aussi la Méthode de Monte-Carlo, est celui permettant de déterminer expérimentalement la valeur de π à l'aide d'une aiguille et d'un parquet.
Le principe en est le suivant: on dispose d'un réseau de lignes parallèles, séparées d'une unité de longueur, et d'une aiguille de longueur k<1. Si on laisse tomber l'aiguille sur le réseau, la probabilité qu'elle chevauche une ligne est . En répétant l'expérience un grand nombre de fois, le rapport entre le nombre de fois où l'aiguille chevauche une ligne et le nombre total de lancers se rapproche de ce quotient, et on peut donc en tirer une valeur approchée de π.


 

  

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Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Buffon