Découvrir la Bourgogne : photo-mystère n° 10 (série 1)

par David  -  20 Décembre 2005, 13:20  -  #6.1. Curiosités (Jeux touristiques)

Est-il réellement besoin d'ajouter quoi que ce soit ?

? 


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Fredogino 21/12/2005 10:32

Ouahn tu sais que je connais pas ici? On a pleins de rêves comme ça. Les hospices de Beaune en font partie...

David 21/12/2005 10:53

C'est un site magnifique.

Les toits en ardoises vernissées sont typiques de la région. on en trouve tout le long de la côte (Dijon, Corton, Beaune).

Les hospices produisent leurs propres vins et sont réputés pour leur vente aux enchères ("la vente des vins").

Niconippon 21/12/2005 01:33

Les Hospices de Beaune ! tu nous prends pour des bites là...
tant pis, (5 points pour moi)
Je récapitule : 5+5+5=15+11=26
Yeah !!!!!

David 21/12/2005 10:07

 Grand chelem pour Nico !
*****
Beaune, XVe siècle
Dans un pays ravagé par la guerre de Cent Ans, misère et famine amènent leurs lots de prédateurs, soldats mercenaires, brigands, assassins et incendiaires, sinistres compagnons de la peste et de la désolation. Partout, les démunis cherchent assistance et réconfort auprès des puissants. La ville fortifiée de Beaune ne fait pas exception, et n'offre malheureusement aucune structure d'accueil en ces temps troublés.
Un certain Nicolas Rolin...
1440 : face à la détresse d'une population marquée par la guerre de Cent Ans, Nicolas Rolin, Chancelier du Duc de Bourgogne Philippe Le Bon, et son épouse Guigone de Salins décident la création d'une fondation pieuse. Admiré pour ses actions administrative, politique et financière, Rolin acquiert une véritable dimension humaniste en faisant bâtir un hôpital pour les malades et les déshérités. L'Hôtel-Dieu était créé. Cette œuvre sociale sans équivalent eut très vite un large écho, bien au-delà des limites du duché. L'institution est hélas objet de convoitise, et son fondateur, soucieux d'en conserver l'indépendance, avise Philippe Le Bon de la situation. Il obtient ainsi par lettres patentes l'exonération de toutes charges fiscales et féodales, ainsi que de toutes autres prestations de services ou d'impôts envers la maison ducale. La protection de l'Hôtel-Dieu est ensuite remise au Tout-puissant, le Pape Eugène IV plaçant l'œuvre de charité sous la tutelle du siège épiscopal, par brève datée du 8 septembre 1441. Affranchi du joug des évêques d'Autun et de toute autre coercition cléricale, l'hôpital jouit ainsi d'une totale liberté.

4 août 1443 : la fondation de l'Hôtel-Dieu de Beaune est officiellement proclamée par acte solennel. Le texte ne laisse aucune ambiguïté sur la mission de l'Hôtel-Dieu : ''Moi, Nicolas Rolin (...), en reconnaissance des grâces et des biens dont Dieu, source de toute bonté, m'a gratifié ; dès maintenant, à perpétuité et irrévocablement, je fonde, érige, construis et dote dans la ville de Beaune, au diocèse d'Autun, un hôpital pour la réception, l'usage et la demeure des pauvres malades, avec une chapelle en l'honneur de Dieu Tout-puissant et de sa glorieuse mère la vierge Marie, à la mémoire et à la vénération de Saint Antoine, abbé, dont il portera le nom et le vocable, en lui donnant les biens propres que Dieu m'a concédés''.
Dans un souci légitime de protection, Sire Rolin précise les missions de son œuvre : ainsi chaque matin ''devra être donné du pain blanc aux pauvres demandant l'aumône devant la porte du dit hôpital''. Tout est mis en œuvre pour que gens de peu "y soient reçus, alimentés et soignés, aux frais du dit hôpital, jusqu'à ce qu'ils soient   revenus à la santé ou en convalescence''.
 1er janvier 1452 : le premier patient est accueilli dans les murs. Fondateur, Nicolas Rolin se voit  naturellement confier la surintendance de l'administration. Une fonction qui lui permet de fixer la quasi-totalité des tâches administratives (conditions d'engagement des prêtres, règles de travail  et d'accueil, montant du revenu annuel  de l'hôpital, etc.).
31 août 1459 : cette organisation est codifiée par la proclamation d'une charte réglementant la gestion complète de l'Hôtel-Dieu, toujours en vigueur de nos jours. Cette charte ne fut assujettie qu'à une condition : que la fonction de surintendant  soit héréditaire sur sa lignée.  Une clause respectée jusqu'à la fin de l'Ancien Régime. En contrepartie, les Rolin renoncent à toute propriété ou revenu des biens appartenant à l'Hôpital. C'est ainsi que Jean Rolin succéda à son père en 1462, à la mort du chancelier.
1789 : Source de troubles, la révolution concourt à la déprédation.  Rebaptisé Hôpital d'Humanité, l'Hôtel-Dieu connaît des difficultés financières ; la situation se détériore avec la destruction de la verrière surmontant l'autel principal  de la chapelle, et la profanation de la sépulture de Guigone de Salins. Fort heureusement, les choses rentrent peu à peu dans l'ordre.
1810 : un décret napoléonien restaure l'intégralité du statut des religieuses,   déchu dans la tourmente anti-cléricale de 1792. Protégé depuis sa fondation des convoitises personnelles et étatiques et ce, grâce à l'énergie et à l'esprit d'organisation de Nicolas Rolin, l'Hôtel-Dieu a réussi - non sans mal ! - à traverser les siècles et à poursuivre sa mission caritative.

doctole 20/12/2005 14:45

Trop facle pour moi ... Ce sont les h.... de B.... Je laisse les autres chercher ...

David 20/12/2005 15:56

 Facile pour les Dijonnais (5 points pour Doctole), mais comme la solution n'est pas écrite en entier, j'attribue 5 points au premier qui le fera !
Cordialement, Youk

(Photo insérée après que la réponse a été donnée)

salwa 20/12/2005 14:36

juste pour dire que c'est beau cet endroit .....
salwa

David 20/12/2005 15:55

 Oui, et on y vend du bon vin... à la bougie.