Histoire des Départements

par David - Netbourgogne  -  26 Juillet 2006, 14:11  -  #2.1. Histoire (Généralités)

Le département de la Côte-d'Or a connu à l'époque celtique un important peuplement (Eduens, Mandubiens, Séquanes, Lingons) et participa activement à la résistance des tribus gauloises contre César, puisque c'est à Alésia (Alise-Sainte-Reine) que Vercingétorix fut battu en 52 av. J.-C. La colonisation romaine, suivie d'une grande prospérité économique, dura jusqu'aux grandes invasions barbares (Vandales, Suèves, Alains). La région qui fît partie du royaume des Burgondes fut ensuite rattachée au royaume franc, puis forma le royaume de Bourgogne, au profit de Gontran, petit-fils de Clovis. A la fin du 9ème, fut créé le duché de Bourgogne, attribué en 1031 à Robert Ier, fils du roi de France, Robert le Pieux. Pendant trois siècles, la première maison capétienne des ducs de Bourgogne développa son pouvoir. A la mort du dernier duc, Philippe de Rouvres, le duché fît retour à la Couronne. En 1363, Jean II le Bon le donna en apanage à son fils, Philippe le Hardi. Celui-ci et ses successeurs, Jean sans Peur, Philippe le Bon et Charles le Téméraire (les quatre grands ducs d'Occident) firent de la Bourgogne un Etat puissant et prestigieux, sans cesse agrandi par le jeu savant des mariages et des alliances. La rivalité avec le roi de France atteint son apogée sous Louis XI et Charles le Téméraire. La mort de ce dernier en 1477 entraîna la réunion à la Couronne des domaines de l'apanage. En 1636, les troupes impériales de Gallas envahirent la région, qui ne retrouva une plus grande sécurité qu'après le rattachement à la France de la Franche-Comté. Pays d'Etats, la Bourgogne conserva tout au long de l'Ancien Régime un certain nombre de coutumes et de privilèges. Sous le gouvernement des princes de Condé et l'administration des Intendants, elle connut au 18ème un renouveau économique lié au commerce du vin.

Les Ducs de Bourgogne

Peu de départements ont autant contribué à l'histoire de l'art que la Côte-d'Or. De très nombreux tumulus affirment la constante présence de l'homme du néolithique à l'âge du fer. Le "trésor de Vix", découvert dans la tombe d'une princesse gauloise, est l'une des plus importantes découvertes archéologiques du siècle. Des sites illustres (Alésia, Vertault, Mâlain, Nuits-Saint-Georges) apportent de précieuses lumières sur l'époque gallo-romaine. De l'art préroman ne nous sont parvenus que peu de monuments (cryptes de St-Bénigne de Dijon et de Flavigny-sur-Ozerain). La période romane a été extrêmement bénéfique et on en trouve des témoignages précoces (Saint-Vorles de Châtillon, où l'on relève des influences lombardes du premier art roman). Le dépouillement de l'art cistercien (Fontenay, St-Pierre et St-Nicolas de Châtillon) est apparu en réaction contre la magnificence de l'art clunisien (Saulieu, Beaune). La voûte d'ogives fut introduite dès la fin du 12ème mais l'art gothique ne s'est épanoui qu'à partir du 13ème (Notre-Dame de Semur-en-Auxois, Notre-Dame et St-Bénigne de Dijon, Saint-Seine-l'Abbaye, Saint-Genès de Flavigny). L'activité s'est poursuivie à la Renaissance (façade de St-Michel de Dijon, frontispice de la chapelle de Pagny-le-Château), au 17ème et au 18ème (couvents et édifices religieux de Dijon, chapelle de l'Oratoire à Beaune). La Côte-d'Or dispose également de trésors d'architecture civile : ruines féodales (Thil, Chaudenay, Vergy, Mont-Saint-Jean, Montbard), châteaux forts et maisons fortes (Châteauneuf, Corcelles-les-Arts, Posanges); châteaux Renaissance ou 17ème (Coinmarin, Bussy-Rabutin, Epoisses, Chailly-sur-Armançon, Jours-lès-Baigneux), où les traces de système défensif font place au goût du confort et de l'embellissement, châteaux édifiés au 18ème par la noblesse parlementaire (Arcelot à Anceau, Beaumont-sur-Vingeanne, Bressey-sur-Tille, Grancey, Lantenay, Vantoux à Messigny-et-Vantoux, Fontaine-Française). En outre, elle compte des villes et des villages extrêmement pittoresques (Saulieu, Châteauneuf, Flavigny-sur-Ozerain, Semur-en-Auxois, Beaune avec le remarquable Hôtel-Dieu, aux toits de tuile polychrome vernissée). Dijon, ville d'art et d'histoire, joue le rôle de capitale intellectuelle et artistique qu'elle jouait déjà au temps des Valois.

Le territoire du département de la Nièvre connut un important peuplement dès l'époque paléolithique. Il était habité avant la conquête romaine par trois tribus : les Berruyers, les Serions et surtout les Eduens qui avaient établi leur capitale, Bibracte, sur les hauteurs du mont Beuvray. Alliés des Romains, ils prirent part cependant à la révolte nationale celte en 52 av. J.-C., puis firent leur soumission. Le christianisme fut introduit dès le 2ème. Au 5ème, le Nivernais fut incorporé au royaume des Burgondes, puis fut rattaché au royaume franc. Au 6ème fut créé l'évêché de Nevers, et au 9ème le comté de Nevers. Devenu bientôt héréditaire, celui-ci appartint à diverses maisons féodales (Courtenay, Donzy, Châtillon, Flandre, Bourgogne). Situé entre les provinces fidèles au roi de France et la Bourgogne, le Nivernais connut des heures critiques au cours de la guerre de Cent ans. Jeanne d'Arc s'empara de St-Pierre-le-Moûtier, mais échoua devant la Charité-sur-Loire. Le comté fut transmis aux Clèves en 1505, érigé en duché en 1538, transmis aux Gonzague en 1565, et connut alors son âge d'or. En 1659, Charles Il de Gonzague, duc de Mantoue, vendit le Nivernais (et le Donziais) au cardinal Mazarin et sa famille, les Mancini, qui le détint jusqu'à la Révolution. Lors du coup d'Etat du 2 décembre 1851, eurent lieu quelques insurrections contre la prise de pouvoir par le prince Louis-Napoléon. La Nièvre participa activement à la Résistance. Deux Nivernaises devinrent reines de Pologne au 17ème : Louise-Marie de Gonzague, épouse de Ladislas puis de Jean-Casimir Jagellon, et Marie-Casimire de La Grange d'Arquian, épouse de Jean Sobieski. Patrie de Guy Coquille, Adam Billault, Claude Tillier, Maurice Genevoix.

Les Comtes et Ducs de Nevers

L'occupation de la Nièvre par l'homme paléolithique est attestée par la découverte de nombreux objets (silex taillés, poteries, pierres gravées). Le site de Chevresse témoigne de la civilisation mégalithique, les vestiges de l'oppidum de Bibracte, de la civilisation éduenne. Les nombreuses traces de voies romaines, les ruines de Cosne, Entrains, Alligny-Cosne, Arleuf, Compierre attestent la culture romaine en Nivernais. La nécropole mérovingienne de Sur-Yonne a livré un intéressant mobilier. L'art religieux a doté la région de belles églises romanes : Béard, Jailly, Jaugenay, St-Parize-le-Châtel, St-Agnan-de-Cosne, Mars-sur-Allier, St-Révérien, St-Pierre-le-Moûtier et surtout la Charité-sur-Loire; à l'art gothique se rattachent les églises de St-Amand-en-Puisaye, Premery, Surgy, St-Père, Corbigny, Challement, Varzy, St-Saulge, en partie la cathédrale de Nevers et la collégiale de Clamecy. Les troubles féodaux et la guerre de Cent ans ont eu pour conséquence l'édification de très nombreux châteaux forts ou de maisons fortes. Les châteaux de la Motte-Josserand, Meauce, Chevenon, les ruines de Rosemont, Passy-les-Tours, Bazoches, les ruines de Champdioux, Vandenesse, Giry, appartiennent à ce système défensif; avec le retour de la paix, l'influence italienne se fît sentir : le palais ducal de Nevers en est le plus parfait exemple, à côté des châteaux de la Motte-Farchat, Dornes, les Granges et St-Amand-en-Puisaye; certains châteaux féodaux reçurent de profonds remaniements : du 17ème et du 18ème date la construction ou la reconstruction des châteaux de Chassy, Vésigneux, Quincize, la Roche et la résidence des évêques à Urzy. Nevers s'inscrit comme ville d'art avec ses beaux quartiers anciens, les restes de ses anciennes fortifications, une cathédrale, des églises romanes, gothiques ou baroques, des hôtels particuliers et des maisons à colombage. L'artisanat de la faïence et de la poterie connaît un renouveau intéressant. La Nièvre possède des musées originaux (musées de la mine, des mariniers de la Loire, de la faïence, de la poterie, du flottage du bois, des arts et traditions populaires) et d'actives sociétés savantes (notamment la Camosine avec son réseau de chercheurs et ses remarquables publications périodiques).

Le département de la Saône-et-Loire a connu, dès l'époque paléolithique, une importante occupation du sol. Il était peuplé, avant la colonisation romaine, par les Eduens, tribu gauloise ayant pour capitale l'oppidum de Bibracte. En 52 av. J.-C., les Eduens participèrent au soulèvement national celte contre Jules César, puis se réconcilièrent avec les Romains : une ère de prospérité succéda à la "pax romana". Au 5ème, les Burgondes envahirent la région, puis furent vaincus par les fils de Clovis. Le royaume des Burgondes fut incorporé au royaume franc et morcelé en différents comtés. Au 9ème, le comte d'Autun, Richard le Justicier, devint le premier duc de Bourgogne, tandis qu'au 10ème s'établissait la puissance de l'abbaye de Cluny. Au 11ème, le roi de France s'empara du duché qui devint l'apanage de la première maison capétienne de Bourgogne. En 1364, le duché échut aux Valois; Philippe le Hardi, fils du roi Jean II le Bon, puis ses successeurs Jean sans Peur et Philippe II le Bon, par une habile politique d'alliances et de mariages, firent de la Bourgogne un grand Etat indépendant. L'ambition de Charles le Téméraire et sa rivalité avec Louis XI causèrent la chute et le démembrement du vaste Etat bourguignon. A la mort du Téméraire, la Bourgogne fut réunie à la Couronne, mais conserva un certain nombre de privilèges.

La richesse et la diversité du patrimoine artistique de la Saône-et-Loire constituent une anthologie de l'histoire de l'art. L'époque préhistorique est représentée par les vestiges de Solutré ou de Chassey qui ont donné leur nom à des périodes du paléolithique (le Solutréen) ou du néolithique (le Chasséen). De l'époque celtique témoignent les vestiges de l'oppidum de Bibracte sur le mont Beuvray; de l'époque gallo-romaine, les nombreux monuments d'Autun. L'art roman s'est épanoui au 11ème et au 12ème et a produit près de 300 églises : à côté d'édifices prestigieux comme Cluny, Autun, Tournus ou Paray-le-Monial, les églises de Brancion, St-Martin de Laives, Chapaize, celles du Brionnais (Semur-en-Brionnais ou Anzy-le-Duc) illustrent la plénitude du roman bourguignon. L'architecture civile est représentée à toutes les époques : période féodale avec les châteaux de Couches, Sercy, la Clayette, Berzé-le-Châtel, Rully, le village et le château de Brancion; la Renaissance avec l'hôtel de ville de Paray-le-Monial, les vieilles maisons de Mâcon, le château de Sully; le 17ème avec les écuries du château de Chaumont à St-Bonnet-de-Joux, les châteaux de Pierre-de-Bresse et de Cormatin; le 18ème avec l'hôtel de ville de Givry, les châteaux de Digoine à Palinges et St-Aubin-sur-Loire. L'architecture industrielle a laissé un archétype avec le château de la Verrerie, au Creusot. On retiendra enfin l'architecture collective de pittoresques quartiers anciens à Autun, Chalon, Cluny ou Mâcon et un remarquable habitat rural, notamment les maisons de vignerons.

Le département de l'Yonne fut formé en 1790 par la réunion de divers pays ayant appartenu à la Bourgogne et à la Champagne mais aussi à l'lle-de-France, au Nivernais et à l'Orléanais. A l'aube de la colonisation romaine, ces pays étaient habités par de puissantes tribus gauloises : au nord les Serions qui, au 4ème av. J.-C. auraient envahi l'Italie, au sud les Eduens qui, en 52 av. J.-C. luttèrent avec Vercingétorix contre Jules César. La "pax romana" entraîna une grande prospérité dans la région. Du 5ème au 9ème, déferlèrent les envahisseurs barbares (Burgondes, Huns, Francs, puis Sarrasins et Normands); au cours de cette période, la région faisait partie du royaume des Burgondes. Elle fut attribuée à Charles le Chauve en 843 par le traité de Verdun. Dès les débuts de la féodalité apparurent, aux côtés du duché de Bourgogne et du comté de Champagne, diverses seigneuries jouissant d'une plus ou moins grande indépendance : comté de Sens, rattaché dès 1015 à la Couronne; comté de Joigny, dépendant de la Champagne et qui appartint aux Joinville, aux Noyers, puis aux Gondi; comté de Tonnerre, possession des comtes de Nevers, des Châlon, des Clermont, puis des Louvois; comté d'Auxerre, possession des comtes de Nevers, des Châlon, des rois de France, puis des ducs de Bourgogne, réuni à la Couronne en 1477; abbaye de Vézelay, à laquelle le roi de France imposa sa domination. Après avoir subi les ravages de la guerre de Cent ans et des Grandes Compagnies, les troubles des guerres de Religion puis de la Fronde, ces pays suivirent le cours de l'histoire de la France. A la fin de l'Ancien Régime, ils se partageaient entre la généralité de Dijon et celle de Paris.

Les Comtes d'Auxerre

Le patrimoine artistique de l'Yonne est d'une richesse exceptionnelle. L'archéologie est largement représentée (menhir de Cour-Notre-Dame, camp de Cora au-dessus de St-Moré, sites d'Escolives-Ste-Camille, Fontaines-Salées), ainsi que par le mobilier déposé aux musées d'Auxerre, Sens, Avallon et St-Père. La crypte de St-Germain d'Auxerre est un rare exemple de l'architecture carolingienne. La basilique de Vézelay, haut lieu spirituel et artistique, a fourni au roman bourguignon un troisième modèle, à côté de l'école de Cluny (Pontaubert) et de celle de Cîteaux (Pontigny). Sous l'influence d'Ile-de-France, la cathédrale de Sens fut la première des grandes cathédrales gothiques. La cathédrale d'Auxerre offre un panorama complet de l'art gothique, avec un épanouissement à l'époque flamboyante. La Renaissance a inspiré le jubé d'Appoigny, la façade de St-Pierre d'Auxerre, St-Jean de Joigny et l'église de St-Florentin. Les ruines de l'important château fort des Courtenay, à Druyes-les-Belles-Fontaines, sont une parfaite expression de l'architecture militaire du Moyen Age. A partir du 16ème, les nécessités défensives ont laissé la place à une recherche du confort et de l'esthétique. Ainsi ont été construits ou reconstruits de prestigieux châteaux : Ancy-le-Franc, Tanlay, St-Fargeau. Des maisons anciennes à pans de bois, de beaux hôtels particuliers de la Renaissance ou du 18ème, une vieille place pittoresque ou les restes d'anciennes fortifications confèrent à certaines villes et villages un aspect préservé (Noyers, Joigny, Avallon, Vézelay, Montréal). La plupart des villages conservent également de nombreux témoignages d'un habitat rural authentique, un patrimoine monumental (nombreuses églises 12ème et 13ème) et mobilier (sculptures principalement) considérable.

 http://www.quid.fr/regions.html?mode=detail&reg=21&style=fiche

pyrausta 08/01/2011 09:27



je vais aller lire...peut etre des reponses à des questions...



David (Netbourgogne) 13/01/2011 16:30



Peut-être...



pyrausta 07/01/2011 19:19



je suis native d'Autun, cité importante aux temps romains egalement.


c'est passionnant de vous lire



David (Netbourgogne) 07/01/2011 22:36



J'ai également écrit un petit article sur le temple de
Janus.


Bonne soirée.



PAYSAGES DE FRANCE 26/08/2006 11:58

Petit à petit je découvre votre blog
Demain c'est l'anniversaire de la Libération de SENS