L'économie de la Bourgogne

par David - Netbourgogne  -  17 Août 2006, 16:15  -  #1.1. Géographie (Généralités)


J'amassais des documents pour un article sur le tissu industriel bourguignon, lorsque j'ai trouvé cet article de la DRIRE, qui reprend tout ce que je cherchais :


La Bourgogne est une région industrielle

La région Bourgogne, 16e région française en terme de population, est un territoire vaste, à la densité très inférieure à la moyenne française. Nombreux sont les indicateurs de l’activité industrielle qui placent la Bourgogne autour du 12e rang national. C’est une région relativement riche : le Revenu Brut disponible des ménages (par habitant en 1996) est supérieur à 14 k_ (moyenne française) et le PIB par habitant atteint les 21 k€ (France : 23 k€) en 2000, soit le 7e rang national. L’industrie est pourtant un pôle d’activité producteur de grandes richesses dans la région, soutenu par une situation géographique exceptionnelle et un tissu d’industries moyennes solide.

Plus de 23 % des effectifs salariés de Bourgogne sont des salariés de l’industrie, contre seulement 19% en France.

UN ESPACE DE FORTE TRADITION INDUSTRIELLE

La Bourgogne est un espace essentiellement rural, mais cela ne l’empêche pas d’être une région industrielle de poids : un quart des effectifs salariés de Bourgogne travaillent dans l’industrie, contre un cinquième pour l’ensemble de la France. La Bourgogne est traditionnellement réputée pour son activité agricole ou agroalimentaire : vins de renommée internationale, vastes domaines forestiers, parcs naturels, condiments, gastronomie... Cependant, les grands bassins industriels anciens comme Le Creusot, ou les sites remarquables tels que les forges de Gueugnon ou les usines d’Imphy sont là pour prouver que l’industrie tient depuis longtemps une place de choix dans la production de richesses de la région.

C’est une longue tradition industrielle, renforcée tout au long du XIXe siècle, qui a permis à la Bourgogne de se hisser à ce niveau. En particulier, les domaines de l’agroalimentaire et de la métallurgie ou du travail des métaux sont très développés : la métallurgie emploie un salarié de l’industrie sur six, et si l’on y ajoute les salariés de la chimie, de la mécanique et de l’agroalimentaire, ce sont plus de la moitié des effectifs industriels qui sont employés dans ces quatre secteurs. Métallurgie et travail des métaux sont d’ailleurs deux secteurs nettement sur-représentés en Bourgogne par rapport à la situation nationale. C’est l’inverse en revanche pour les secteurs du textile-habillement ou de la production de papier-carton. Les équipements électriques et électroniques, l’imprimerie et la fabrication de matériels et véhicules de transports sont également sous-représentés.

Le département de Saône-et-Loire est très industrialisé et se détache nettement dans les domaines du travail des métaux et de la mécanique. Il concentre plus d’un tiers des établissements industriels de Bourgogne. A l’inverse, la Nièvre, département rural, moins peuplé et éloigné des grandes voies de communication qui traversent la Bourgogne, accueille à peine un établissement sur sept. Ce département est très tourné vers la région Centre, du fait de la situation de marge de ses pôles économiques (Nevers, Decize et Cosne-Cours-sur-Loire).

DES ÉTABLISSEMENTS DE TAILLE MOYENNE,

SOUVENT AFFILIÉS À DES GROUPES

Près de la moitié des employés de l'industrie bourguignonne travaillent dans des établissements de taille moyenne (100 à 500 salariés), ce qui est sensiblement plus important qu'en moyenne nationale où la proportion est de 40 %. En ce qui concerne les établissements de 500 à 2000 salariés, on y retrouve la même proportion d'effectifs qu'au niveau national (19 %). Placée un peu en dessous (la proportion d'effectifs est de 2,8 %) de la moyenne des régions françaises (7,3 %) pour l’implantation de grands établissements (de plus de 2000 salariés) industriels, la Bourgogne accueille néanmoins quelques noms prestigieux.

KODAK INDUSTRIE, UGINE, DIM, MICHELIN, AREVA, USINOR INDUSTEEL, AMORA, SEB, IVECO ou ALSTOM : quelques grands noms d’établissements implantés en Bourgogne

Les plus grandes entreprises forment une armature industrielle, qui alimente un tissu dense de sous-traitants de tous secteurs, en particulier mécanique et transformation des métaux. Parmi les plus grandes unités de Bourgogne (établissements implantés dans la région et appartenant à la même entreprise), une dizaine dépassent les mille salariés, dont l’établissement de Kodak Industrie qui emploie près de 2600 personnes à Chalon-sur-Saône. Les groupes sont surtout présents dans les secteurs de l’équipement électrique et électronique, de la chimie-pharmacie, et du caoutchouc-plastique, où la tendance à la concentration et au regroupement dans de grandes unités de production est plus forte que dans les autres secteurs.

La mondialisation croissante des échanges commerciaux s’accompagne d’une intégration accrue des entreprises industrielles dans des groupes particulièrement appréciables du point de vue de la compétitivité. Environ 60 % des établissements appartiennent à un groupe. Mais comme il s’agit le plus souvent des établissements de plus de 100 salariés, ce sont presque 80% des salariés des établissements qui sont employés par des groupes. Même si tous les groupes ne sont pas nécessairement internationaux, leur structure permet de faciliter le commerce extérieur, ainsi que l’apport de commandes non-négligeables en sous-traitance et de plus gros moyen de recherche-développement. En revanche, cela diminue fortement l’autonomie décisionnelle de la Bourgogne et met l’emploi local à la merci de conduites et de stratégies extérieures aux problématiques régionales. Ce sont parfois même plusieurs établissements d’une même entreprise qui sont mis en concurrence !

La Bourgogne est d’ailleurs en dessous de la moyenne des régions françaises pour l’indépendance décisionnelle : un peu plus de 60% des effectifs industriels des établissements de plus de 20 salariés sont considérés comme " indépendants ", c’est à dire travaillant pour un établissement dont l’entreprise a son siège dans la région, contre 70 % au niveau national (62,2 contre 74 % en 99). Il faut noter que ce taux d’indépendance tend à remonter : le degré d’indépendance décisionnelle de la région est passé de 56 % en 1993 à 62 % en 1999. La région n’est pas dépourvue de petites ou moyennes entreprises, leaders nationaux dans des secteurs de pointe, comme l’aviation légère (DYN’AERO) ou l’emballage industriel (CERMEX).

UNE SITUATION GÉOGRAPHIQUE ENVIABLE

La Bourgogne profite d’un certain nombre de bénéfices tirés de son emplacement sur le territoire métropolitain. Sa position privilégiée, au sud-est du Bassin Parisien, lui permet de profiter de voies de communication nationales et internationales majeures. C’est l’axe Dijon -Chalon-sur-Saône - Mâcon qui est le plus favorisé, puisqu’il est un point de passage très fréquenté entre Paris et Lyon. De nombreuses autoroutes, et des voies ferrées à grande vitesse permettent de joindre très facilement et rapidement des pôles décisionnels internationaux majeurs situés en Allemagne, dans le Benelux, ou en Italie. Les trois quarts des échanges de marchandises entre la Bourgogne et l’Europe se font d’ailleurs avec ces pays. La gare de triage de Gevrey-Chambertin compte parmi les plus importantes de France, en volume comme en équipements. Le nord-ouest de la Bourgogne profite largement de l’influence de la région parisienne, tandis que le sud peut tirer avantage de la proximité de Lyon. Ce dernier point montre aussi combien l’industrie bourguignonne peut être étroitement dépendante de donneurs d’ordres extérieurs à la région – contrepartie de la position de la Bourgogne sur d’importants axes de passage.

Par ailleurs, les mille kilomètres de voies navigables de Bourgogne en font la région la plus "mouillée" de France. Cela dit, ils forment un réseau de petit gabarit, et seule la Saône permet le passage de convois de péniches de 4000 tonnes.

A l’opposé du Val de Saône, l’ouest et le centre de la Bourgogne sont particulièrement enclavés. Plusieurs projets routiers tendent à améliorer la situation, notamment au travers du Contrat de Plan Etat - Région 2000-2006, avec des modifications importantes sur la RN7 ou la RN151 par exemple. Le développement des RN70, 79 et 80 (qui forment la "Route Centre-Est Atlantique" (RCEA)) contribue nettement à l’amélioration des flux routiers dans le sud de la région.

Enfin, en tant que noeud de nombreux axes de transports, la Bourgogne joue aussi la carte de l’intermodalité (transport combiné) et de la multimodalité : ce sont des atouts majeurs pour le transport de marchandises et produits industriels, et, là encore, l’axe Sens - Dijon - Mâcon est largement favorisé en infrastructures et équipements, existants ou en projet.

DES MUTATIONS INDUSTRIELLES DIFFICILES

Ces quinze dernières années ont vu s’opérer de nombreuses restructurations et mutations de l’industrie régionale. La tendance à la concentration des effectifs s’est affirmée, et ce phénomène toujours d’actualité permet à la région de se faire une place de choix dans la mondialisation des échanges en jouant un rôle actif dans la course à la taille critique. Malgré de très grosses pertes d’emplois industriels depuis 1984 – pertes comparables en proportion à l’évolution nationale –, le nombre de salariés de l’industrie s’est stabilisé à partir de 1997. Le nombre d’entreprises de 1993 à 1999 a augmenté de presque 10 %, mais dans le même temps, l’emploi a baissé de plus de 3 %.

Ce sont en particulier les grands groupes qui sont à la source des mutations de l’industrie régionale. Ils ont dû répondre à des impératifs tels que la modernisation de l’appareil de production, le recentrage des activités, la rationalisation de la production et la recherche d’économie d’échelle. L’effort a porté aussi sur la recherche et le développement, l’innovation faisant souvent la différence sur des marchés parfois très concurrentiels.

Les plus grands bouleversements concernent surtout les secteurs traditionnels comme la métallurgie et le travail des métaux, l’extraction de charbon ou le textile et l’habillement. Si la métallurgie a pu finalement se retrouver mieux préparée à la concurrence internationale et aux évolutions du secteur, il n’en est pas de même pour l’extraction de charbon et le textile-habillement. Le premier secteur a disparu en 2000 (fermeture de la dernière mine découverte), et le second subit très lourdement la concurrence des pays de l’Est ou des pays du Tiers-Monde, malgré une résistance notable.

DES INVESTISSEMENTS PAS ASSEZ SOUTENUS ET QUELQUES ZONES DÉPENDANTES D’UN SEUL SECTEUR

Aujourd’hui, si la Bourgogne tire assez bien son épingle du jeu industriel, elle reste encore parfois assez mal placée pour certains aspects, et notamment le niveau des investissements des entreprises. Si l'investissement par emploi industriel a progressé davantage au cours de la période allant de 1993 à 1998 (34 %) que la moyenne des 22 régions françaises (32 %), en Bourgogne, il se situe, avec un niveau de 5,6 K€ (par emploi industriel), en seizième position des vingt deux régions françaises, en retrait de 13 % par rapport à la moyenne française (6,5 K€).

Parmi les fragilités de la Bourgogne industrielle, quelques zones dépendent presque exclusivement d’un seul secteur d’activité, parfois lui-même très vulnérable. Ainsi, 47 % des effectifs de la zone du Creusot de même que 60 % des effectifs industriels de la zone de Montbard travaillent dans la métallurgie (la plupart au sein du groupe Vallourec) . Plus fragile peut-être, la zone d’Autun, où 55 % des effectifs industriels dépendent du secteur textile, essentiellement à travers les établissements de DIM S.A., qui emploient près de 2800 personnes à Autun. Enfin, plus de 40 % des emplois industriels de la zone de Decize appartiennent au seul secteur du caoutchouc.


LES PRODUITS TECHNOLOGIQUES SONT ET SERONT À L’HONNEUR

Les effectifs des secteurs de la chimie et de la pharmacie sont globalement stables sur la période de 1993 à 1999.

L’agglomération dijonnaise concentre pratiquement toutes les activités pharmaceutiques de la région, avec des groupes comme FOURNIER - URGO - PLASTO et SANOFI - SYNTHELABO. La parachimie compte aussi des grandes unités, représentées par des entreprises comme KODAK INDUSTRIE ou DAVEY BICKFORD et TITANITE (explosifs).

L’agroalimentaire est encore un atout important pour l’industrie bourguignonne. Résistant globalement assez bien aux différentes crises qui secouent le monde industriel, et le monde économique en général, mais touchées par les problèmes agricoles et de sécurité alimentaire, les entreprises de ce secteur ont des effectifs qui se maintiennent. Elles constituent un moteur local et national particulièrement important dans les domaines de la recherche et de l’enseignement. Enfin, et malgré une concurrence mondiale particulièrement rude, les industries qui tournent autour du secteur de l’électronique se portent plutôt bien dans la région. Quelques pertes d’emplois ont émaillé les mutations des différents secteurs, mais aujourd’hui la reprise est de nouveau une réalité. Dans la plupart de ces secteurs (électronique, informatique, électroménager...), le nombre d’emplois est stable ou en augmentation. Les fabricants de composants électroniques sont d’ailleurs sur-représentés par rapport au niveau national, et emploient près de 9 % des salariés de l’industrie régionale. La tendance générale étant à l’intégration croissante de composants électroniques dans la plupart des produits de consommation ou d’équipement, on peut penser que le marché est prometteur, et que la Bourgogne a un rôle important à y jouer.

De grands groupes s’intéressent de près à la région et y implantent des unités de production importantes : ALSTOM, PHILIPS FRANCE ou SCHNEIDER ELECTRIC.

L’industrie bourguignonne, n’oublie pas la protection de l’environnement. La moyenne des investissements pour la protection de l'environnement (ceux destinés exclusivement à la maîtrise des
nuisances causées par l'activité industrielle, ceux pour la prévention des risques, et la part qui relève de la protection de l'environnement dans un investissement pour un changement de procédé) réalisées dans la période 1994-1999 a été comparable en Bourgogne au niveau national : de l'ordre de 0,19 K€ (1,24 KF) par salarié en Bourgogne pour 0,21 K€ (1,38 KF) au niveau national.

UNE RÉGION AU POTENTIEL INDUSTRIEL IMPORTANT

C’est ainsi que l’on pourrait en fin de compte définir la Bourgogne.

Des atouts solides, notamment les secteurs de la mécanique et de la métallurgie, combinés à une implication importante dans les technologies de pointe (électronique et plasturgie), constituent un bon potentiel, malgré des faiblesses locales qui ne sont pas des entraves sérieuses au développement industriel de la région.

Le poids important des entreprises industrielles dans le recrutement de cadres est une des caractéristiques de la Bourgogne, région où la part de l’emploi industriel est fort. 44% des cadres recrutés en 2000 le sont dans l’industrie, contre 22% en moyenne dans les autres régions.

Gaëlle de Vinotrip 23/11/2014 17:00

Sans oublier l'oenotourisme qui devient petit à petit un levier de développement de l'économie locale! De plus en plus de vignerons développent des prestations œnologiques à la propriété pour les visiteurs. Tous nos clients reviennent ravis d'un séjour en Bourgogne! De belles perspectives donc :)

Netbourgogne 27/11/2014 14:24

Tout à fait d'accord.

missmio 18/08/2006 08:59

Désolée, je n'ai pas lu !! Mais au moins, moi, je le dis !!!!! bonne journée et bonne recherche !!

Jimmy 18/08/2006 03:28

les chiffres concernant Kodak à Chalon sur Saône sont faux, en effet Kodak a commencé à se retirer de cette ville, et il me semble d'aileur que le retrait n'est pas loin d'être complet, pareil pour DIM à Autun, les effectifs sont en baisse.
sinon bon blog sur ma Bourgogne natale.
Jimmy - Taipei

David - Netbourgogne 18/08/2006 09:20

Merci de tes remarques.
Effectivement, les chiffres cités datent de 2002.
Dim Autun ne compte plus que 1380 employés. C'est le groupe Dim dans son ensemble qui compte environ 2600 employés.
En ce qui concerne Kodak, il est assez difficile de connaître les effectifs précis. S'il y avait encore plus de 3200 employés en 1991, 1800 en 2005, il semble que suite aux 4 plans sociaux (dont les 2 derniers en mars et juin 2006) il ne reste plus qu'un gros millier d'employés sur le site de Chalon.
 

lephil 17/08/2006 20:44

Y'en a qu'on pas grand chose à foutre quand même !!!
Joli boulot de recherche par contre !
 
BRAVO
Lephil